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Stacy-Ann Buchanan : Accroître la sensibilisation à la santé mentale au sein de la communauté noire

Publié 26 January, 2016 dans Bell Cause pour la cause par 0

Stacy-Ann

Stacy-Ann Buchanan est une actrice, une productrice et une cinéaste de Toronto. Tirant parti de son combat personnel contre la dépression et l’anxiété, Stacy-Ann a eu l’idée d’utiliser ses talents artistiques pour changer le visage de la santé mentale au Canada. Ayant vécu la stigmatisation qui entoure la maladie mentale dans sa propre communauté, elle a produit et réalisé en 2015 un documentaire intitulé The Blind Stigma: Mental Health within the Black Community.

Dans ce documentaire, Stacy-Ann illustre la stigmatisation entourant la maladie mentale et conteste les idées fausses qui circulent toujours dans sa communauté et dans la société en général. Son but est de donner une voix aux Afro-Canadiens aux prises avec la maladie mentale tout en offrant au public des moyens de mieux s’informer et des moyens d’agir.

Nous avons passé un moment avec Stacy-Ann afin d’en apprendre plus sur l’inspiration derrière ce documentaire. Lisez ses profondes réflexions dans l’interview ci-dessous :

À quels préjugés au sujet de la maladie mentale avez-vous fait face dans votre communauté?

J’ai découvert que la question de la maladie mentale est souvent « balayée sous le tapis » dans la communauté noire. Nous n’en parlons pas. Lorsque j’ai traversé les diverses étapes de la dépression, boire du thé et prier étaient perçus comme les meilleurs moyens pour moi de m’en sortir. La maladie mentale était le sujet tabou par excellence. Et pire encore, ma famille considérait ma maladie mentale comme une chose honteuse et, en conséquence, on n’en a jamais parlé.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à faire ce documentaire?

Mon propre combat contre l’anxiété et la dépression m’a donné l’idée de ce documentaire. En 2011, alors que j’habitais à Vancouver, j’ai reçu un diagnostic d’anxiété. À l’époque, j’ignorais que l’anxiété et la maladie mentale pouvaient toucher les femmes noires. Je croyais honnêtement que ma communauté en était exempte et c’est alors que je me suis aperçue à quel point mon ignorance était nocive.

Lorsque mon état de santé s’est dégradé, je suis revenue à Toronto. Mon anxiété avait alors dégénéré en dépression. Lorsque j’ai approché mon père pour lui demander de l’aide, il m’a dit de me taire et de prier, ce qui m’a plongé dans une période de crise suicidaire. Je n’avais aucun moyen de canaliser cette peur qui me taraudait et qui ne cessait de croître chaque jour. Un jour, mon père m’a suggéré de confier mes problèmes à des personnes à l’extérieur de notre « cercle ». Il craignait que si j’en parlais à mes amis ou à d’autres membres de la famille, il ait l’air d’un raté et que le déshonneur ternisse le nom de notre famille. Ignorant à quel soutien professionnel je pouvais avoir accès, j’ai suivi sa suggestion et je me suis confiée à un parfait étranger.

À partir de ce moment, j’ai continué de partager mes craintes avec des étrangers tout en commençant simultanément un processus d’autoguérison. À mesure que je me sentais mieux, ma confiance augmentait, et c’est comme ça qu’a débuté une sorte d’histoire de réussite au sein de ma communauté. Les gens ont commencé à voir le succès, mais ils n’avaient aucune idée de mon cheminement vers le rétablissement. J’ai compris que je pouvais provoquer le changement.En conséquence, j’ai décidé de réaliser The Blind Stigma dans le but d’éliminer la honte qui voile la question de la maladie mentale au sein de la communauté noire, tout en permettant aux gens qui verraient mon film d’être mieux informés et mieux armés.

Quelles histoires votre documentaire contribue-t-il à éclairer?

Outre la question des pressions pour réussir dont j’ai moi-même fait l’objet, The Blind Stigma raconte l’histoire d’une mère et défenseure des droits des femmes, d’un ex-joueur de football et artiste qui a fait un séjour en prison, d’un coach en bien-être et d’un décrocheur universitaire devenu un auteur à succès. Toutes ces personnes partagent leurs expériences en santé mentale avec une grande vulnérabilité et beaucoup d’honnêteté. Le documentaire explore aussi des cas de trouble bipolaire, de dépression, d’anxiété, de troubles alimentaires et d’autres maladies mentales moins connues. Tout au long du film, des professionnels en santé mentale, des aidants et de simples citoyens fournissent plus de contexte, ce qui aide l’auditoire à mieux saisir les enjeux.

Qu’avez-vous appris en produisant ce film?

J’ai fait très attention de ne pas exploiter le cheminement de mes braves intervenants. Je me suis assurée de créer un environnement sûr pour eux tout en mettant délicatement en lumière leurs expériences. En procédant ainsi, j’ai mieux compris à quel point il est important de fournir aux personnes aux prises avec la maladie mentale un endroit sûr où elles se sentent à l’aise d’être elles-mêmes.

La réalisation de ce documentaire m’a aussi appris deux leçons très importantes. Tout d’abord, il est plus que temps de discuter ouvertement de ce sujet et, deuxièmement, la stigmatisation autour de la maladie mentale est très répandue dans de nombreuses cultures différentes.

Quel message espérez-vous que les gens qui verront ce documentaire en retireront?

J’aimerais beaucoup que les gens retiennent qu’ils ne sont pas seuls – qu’ils ont accès à de l’aide au besoin.

Quel conseil donneriez-vous aux personnes aux prises avec la maladie mentale?

La suggestion la plus importante que je pourrais leur faire est de trouver quelqu’un à qui elles peuvent se confier. Plus vous exprimez ce qui vous arrive et ce que vous ressentez, plus vite vous commencerez à mieux vous sentir. Mon autre conseil est de chercher à obtenir l’aide d’un professionnel pour vous aider à maîtriser l’art de conditionner vos pensées. Cela m’a aidée à avoir un point de vue plus positif sur ma propre vie, et cela pourrait aussi aider d’autres personnes.

Vous souhaitez voir ce documentaire? Jetez un coup d’œil à l’extrait ici. Le film complet sera disponible en DVD et pourra être téléchargé en format numérique plus tard cette année.

Stacy-Ann ajoute sa voix à celles de Clara HughesSerena RyderMarie-Soleil DionÉtienne BoulayMichael LandsbergHowie MandelMary WalshStefie Shock et Michel Mpambara dans leur lutte contre la stigmatisation, à l’occasion de la Journée Bell Cause pour la cause qui aura lieu le 27 janvier 2016.

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