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Prendre des nouvelles de Jobim Novak, Ami de Bell Cause pour la cause

Publié 20 August, 2020 dans Bell Cause pour la cause par 0
Jobim Novak

Jobim Novak est un écrivain torontois, défenseur de la santé mentale et Ami de Bell Cause pour la cause. En tant qu’Ami de Bell Cause pour la cause, il parle de son expérience de la maladie mentale et de son rétablissement avec les Canadiens depuis 2018. Jobim a reçu un diagnostic de schizophrénie, de dépression et d’anxiété à l’âge de 17 ans. C’est sa passion pour la rédaction créative et la musique qui l’a aidé à se rétablir, et qui est devenue partie intégrante de sa vie personnelle et professionnelle. À titre d’animateur et d’ambassadeur pour le Toronto Writers Collective, Jobim aide les autres à découvrir leur voix et à favoriser leur propre santé mentale pendant la pandémie de la COVID-19 grâce au processus d’écriture créative.

Nous avons rencontré Jobim cet été pour discuter de l’influence de son vécu en matière de santé mentale sur son travail actuel, du pouvoir de transformation de la création littéraire et de ce qui lui permet de se sentir inspiré et en contact avec les autres pendant la pandémie.

Q : Vous militez pour la santé mentale depuis de nombreuses années et vous parlez de votre histoire en tant qu’Ami de Bell Cause pour la cause depuis 2018. Que faites-vous ces jours-ci et comment vos expériences en matière de santé mentale ont-elles influencé ce que vous faites maintenant?

Je travaille avec le Toronto Writers Collective (TWC) en tant qu’ambassadeur depuis janvier 2020. Le TWC propose des ateliers de rédaction créative aux communautés vulnérables de Toronto et de la région du Grand Toronto. En tant qu’ambassadeur, mon rôle a consisté à travailler sur les demandes de dons, les partenariats et l’établissement de liens avec d’autres agences et organismes. J’ai également été formé comme animateur d’atelier. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que mes expériences en matière de santé mentale ont eu une énorme incidence sur ce que je fais maintenant. D’une part, mon parcours créatif a débuté par un atelier de TWC, qui a été présenté il y a des années par le Centre de toxicomanie et de santé mentale. C’est au plus fort de mon combat contre la maladie mentale que j’ai trouvé ma voix grâce à la rédaction créative, et le TWC a déclenché ce changement. Le personnel du TWC m’a vu grandir en tant que personne et en tant qu’écrivain depuis de nombreuses années. Bien que je regrette parfois d’avoir été atteint de schizophrénie ou que le besoin de médicaments psychiatriques me paraisse un fardeau, je ne serais pas où je suis aujourd’hui sans mes expériences. Je suis très fier de travailler pour le TWC, car je pense que chacun de nous est un écrivain qui a une histoire à raconter. Pour ajouter à cela, je suis un exemple vivant du pouvoir transformateur de la rédaction créative et du fait qu’une personne qui a été brisée peut retrouver son équilibre. Je sens maintenant que je vis pleinement ma vie, une vie pour laquelle je dois rendre la pareille, et être l’ambassadeur du TWC est l’un des grands pas que je fais dans cette direction.

Q. Qu’est-ce qui vous a gardé inspiré et connecté durant la pandémie de COVID-19? Comment prenez-vous soin de votre propre santé mentale dans les moments difficiles?

Durant la crise de la COVID-19, j’ai trouvé de l’inspiration dans la musique et dans les écrits d’autres auteurs. Cela m’interpelle et me touche profondément, et m’encourage à écrire et à créer à mon tour. Tenir un journal m’aide également beaucoup. Je prends entre un et deux moments dans la journée pour écrire. Sans ces échappatoires, et compte tenu de l’absence d’interactions sociales normales, je me sens parfois plus seul. Ce qui m’aide aussi, c’est de parler à mes amis au téléphone et de voir à l’occasion un cercle restreint de personnes, tout en respectant la distanciation physique. À elles seules, ces activités me permettent de rester connecté au monde qui m’entoure et aux expériences des autres. En dernier lieu, ce qui m’aide à être au mieux de ma forme est de rester occupé. Je m’occupe avec le travail, l’écriture et la lecture. Quand on n’occupe pas notre temps, il est facile d’ouvrir la porte à l’anxiété et à la dépression. Rien de tout cela n’est facile à faire, mais cela rend les conséquences de la COVID-19 bien plus tolérables. C’est ma méthode pour prendre soin de ma santé mentale, mais d’autres personnes ayant des intérêts différents des miens peuvent remplir leur temps autrement.

Q. Dans le cadre de votre travail avec le TWC, vous organisez des ateliers de création littéraire pour des personnes de tous horizons qui peuvent être aux prises avec des problèmes de santé mentale. Pourquoi la création littéraire est-elle un si formidable outil d’exploration de la santé mentale?

La création littéraire est un formidable outil d’exploration de la santé mentale pour plusieurs raisons. La première qui me vient à l’esprit est que la création littéraire a un effet transformateur sur la santé mentale, et en particulier sur la maladie mentale. Les personnes qui sont en deuil, qui souffrent d’un trouble de stress post-traumatique ou d’un autre problème peuvent utiliser la création littéraire comme refuge, ou encore comme source de clarté et de clairvoyance dans leur vie. Quel que soit le degré de ses difficultés d’ordre mental, une personne qui s’adonne à la création littéraire peut y trouver un moyen d’exprimer ce qu’elle aurait autrement de la difficulté à verbaliser devant autrui. Par ailleurs, l’écriture organise nos pensées, qui peuvent parfois être difficiles à analyser. L’écriture peut être source de réconfort et de positif, et ce, même si vous ne pensez pas souffrir de maladie ou de difficultés mentales. En participant aux ateliers d’écriture du TWC, des personnes de tous horizons et ayant une variété d’expériences se réunissent pour former une communauté. Ce facteur a également un immense effet sur la santé mentale. Ce sont des conclusions que nous avons tirées de l’écriture et de sa nature, mais il est important de reconnaître qu’il reste encore beaucoup d’aspects à tirer au clair.

Q. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui cherche des outils pour favoriser sa propre santé mentale pendant la pandémie de la COVID-19?

Je pense que le meilleur conseil que je puisse donner est de faire les activités que vous aimez faire, de trouver quelque chose qui vous motive. Comme je l’ai dit plus tôt, pour moi, c’est l’écriture et la lecture. Vous pourriez vous adonner à la peinture, à la photographie, à la pratique d’un instrument, etc. Je crois qu’il est également important de dire à votre entourage que vous traversez une période difficile. N’ayez pas peur d’en parler à ceux qui peuvent vous aider. Même si ce n’est qu’un appel, une brève discussion peut ensoleiller votre journée. La réalité est qu’il y aura des moments de solitude, il est donc crucial de trouver des passe-temps. J’ai passé de nombreuses années dans les hôpitaux et les centres de rééducation et j’ai appris que chaque petit geste compte. Il peut s’agir d’une promenade, d’une conversation téléphonique ou d’un échange par texto agréable; voilà des petites joies auxquelles on ne prête pas attention avant d’en avoir besoin.

Chaque semaine, pendant cette période de distanciation physique, le Toronto Writers Collective offre gratuitement des ateliers virtuels d’écriture créative. Les ateliers animés par des bénévoles sont ouverts à tous ceux qui sont à la recherche d’un esprit de corps et de créativité. Aucune expérience d’écriture n’est nécessaire (le nombre de places est limité et l’inscription se fait selon le principe du premier arrivé, premier servi). Pour en savoir plus sur leur travail ou pour vous inscrire à un atelier à venir, veuillez consulter le site torontowriterscollective.ca.

Pour connaître les autres amis de Bell Cause pour la cause, visitez le site bell.ca/cause.

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