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Lynn Keane : de l’importance de l’éducation en santé mentale

Publié 27 January, 2015 dans Bell Cause pour la cause par 0

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Le 28 avril 2009, Daniel Keane s’est rendu au chalet familial. Il a dit à sa famille qu’il devait récupérer des reçus de son entreprise d’été. C’est la dernière fois que sa famille l’a vu.

Une fois rendu au chalet familial, Daniel s’est enlevé la vie. Il n’avait que 23 ans.

Après la mort de Daniel, ses parents ont reconnu qu’il y avait eu des signes avant-coureurs – en particulier durant sa première année à l’université. Ils ont commencé à remarquer des changements physiques et de comportement, mais ils attribuaient ces changements au processus normal de croissance de leur fils. À l’époque, ils n’étaient pas conscients que Daniel souffrait de dépression.

Personne ne s’attend à perdre un être cher de cette façon, mais chaque année près de 4 000 personnes se suicident au Canada. Il s’agit de la deuxième cause de mortalité chez les jeunes Canadiens, et la dépression est la maladie la plus courante chez les personnes qui meurent par suicide, environ 60 % souffrant de cet état pathologique. La mère de Daniel, Lynn Keane, souhaite que l’histoire de son fils serve d’exemple afin de sensibiliser tous les Canadiens. Nous l’avons rencontrée récemment pour lui poser les questions suivantes :

Qu’est-ce qui vous a poussée à raconter l’histoire de votre fils et de votre famille au public?

Je voulais partager notre expérience pour aider les autres à comprendre ce que nous n’avions pas compris. Au printemps 2009, notre fils Daniel a mis fin à ses jours. Nous n’avions aucune idée que notre garçon de 23 ans était en dépression. Sa maladie l’empêchait de se concentrer – et son sentiment de dévalorisation et d’autocritique le paralysait. Il y a cinq ans, nous ne parlions pas de dépression et de troubles cérébraux, encore moins de suicide. Aujourd’hui, nous savons que la maladie mentale est une maladie comme les autres, et non pas une faiblesse de caractère.  Nous connaissons mieux les multiples facteurs de la dépression et reconnaissons le fait qu’il n’y a jamais une seule et unique raison au suicide.

Après le suicide de notre fils, j’ai moi-même sombré dans une période de dépression associée au deuil. Pour la première fois, j’ai compris la douleur émotionnelle et physique de Daniel. C’est déchirant de savoir que votre enfant était littéralement en train de mourir de l’intérieur et que vous n’avez rien pu faire pour l’aider. Notre famille n’était pas sensibilisée à la maladie mentale, et nous n’avions pas idée du résultat catastrophique que cela pouvait avoir.  Les changements de comportement que nous avons d’abord attribués aux tiraillements et aux tourments de l’évolution normale d’un jeune homme étaient en fait symptomatiques d’un trouble de l’humeur – la dépression.

Lorsque le choc a commencé à s’atténuer, je me suis rendu compte qu’en racontant l’histoire de Daniel et en examinant les facteurs qui avaient pu contribuer à sa dépression et mener à son suicide, je pouvais grandement aider les autres. Le processus était difficile, mais il était nécessaire pour répondre aux nombreuses questions et comprendre pourquoi notre fils s’était suicidé. Cette expérience très douloureuse a été une source d’inspiration pour moi et m’a incitée à remettre en question les idées reçues et les croyances associées à la maladie mentale. 

Parlez-nous de votre livre « Give Sorrow Words »

J’ai commencé à écrire sur Daniel pour entendre sa voix dans ma tête et me rappeler la belle vie que nous vivions tous les cinq en famille. Au début, l’écriture me permettait d’entrer dans le monde de Daniel. Je pouvais voir son large sourire et me rappeler la façon qu’il avait d’illuminer une pièce. Plus j’avançais dans l’écriture, plus j’avais l’impression de recoller les morceaux de sa vie. Au fil de mes lectures et de mes recherches sur la maladie mentale et le suicide, j’ai fini par comprendre que les problèmes de santé chroniques de notre fils dans son jeune âge – asthme et anaphylaxie (allergies alimentaires mortelles) – constituaient un facteur de risque de comportements suicidaires. J’ai découvert, notamment, que les expériences personnelles, des facteurs génétiques et le mode de vie pouvaient transformer les circuits du cerveau.

Le temps et le recul auront permis à notre famille de mieux comprendre la douleur émotionnelle et physique de notre fils, et bien que nous n’ayons pas été en mesure de prévenir son suicide, je sais que l’histoire de Daniel aura touché de nombreuses personnes et permis d’ouvrir un dialogue qui a le potentiel de sauver des vies. En racontant notre expérience, j’espère contribuer à mettre fin à la stigmatisation qui a empêché notre fils de parler de ses bouleversements internes, et inciter les jeunes à partager leur propre expérience.

Participerez-vous à la campagne Bell Cause pour la cause cette année? Le cas échéant, comment prévoyez-vous contribuer à la conversation d’ici le 28 janvier?

Je suis fière et heureuse d’encourager mon propre réseau à prendre part à la conversation nationale sur la santé mentale le 28 janvier. La Journée Bell Cause pour la cause met en lumière le travail effectué chaque jour par les organismes en santé mentale et les défenseurs de la cause. Cette campagne nationale continue de mettre la santé mentale à l’avant-plan des préoccupations dans l’esprit de tous les Canadiens. Dans les jours précédant la Journée Bell Cause pour la cause, je compte bien partager des idées et de l’information dans le but de contribuer à réduire la stigmatisation associée à la maladie mentale et, je l’espère, de sauver des vies.

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