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La course vers le mieux-être mental : L’histoire de Leah Pells

Publié 15 January, 2018 dans Bell Cause pour la cause par 0

Leah Pells a participé trois fois aux Jeux olympiques en athlétisme, représentant le Canada aux Jeux d’été de 1992 à 2000. Médaillée d’argent du 1 500 mètres féminin aux Jeux panaméricains de 1999 à Winnipeg, Leah a déjà été classée première au monde dans cette épreuve. Elle a également vaincu des problèmes de santé mentale, découlant de son éducation dans un foyer aux prises avec des problèmes de dépendance, d’abus et de pauvreté pour devenir une athlète accomplie.

Déterminée à mettre à profit ses expériences pour aider les autres, Leah est maintenant conseillère scolaire et conseillère clinicienne agréée. Elle raconte son histoire remarquable de survie et de courage dans son livre intitulé Not About the Medal. Nous lui avons parlé de son enfance difficile, de la manière dont les Jeux olympiques l’ont aidée à surmonter ses problèmes de santé mentale et de sa course vers le mieux-être.

 

Quand avez-vous commencé à souffrir de problèmes de santé mentale?

Leah : Pendant mon enfance, j’ai vécu beaucoup d’événements traumatisants à la maison. Ma mère, que j’aimais beaucoup, était alcoolique. Cela a apporté beaucoup d’instabilité et d’abus dans notre famille. Je ne me sentais pas en sécurité chez moi.

Au début de mon adolescence, j’ai commencé à avoir des problèmes de sommeil et à remarquer différents symptômes. Je sais aujourd’hui qu’ils étaient associés à un état de stress post-traumatique. Je sursautais facilement, je faisais des crises de panique à l’école et j’étais terrifiée dans le noir. Aujourd’hui encore, j’ai de la difficulté à rester seule chez moi. Mes deux chiens m’accompagnent dans chaque pièce de la maison.

Qu’est-ce qui vous a amenée à faire de la course et quel impact cela a-t-il eu sur votre parcours vers un mieux-être mental?

Leah : Mon père m’amenait à la piste d’athlétisme quand j’étais petite et j’aimais regarder les jeunes courir. Cela m’a incitée à me joindre à un club d’athlétisme, et c’est là qu’a commencé mon histoire d’amour avec la course. La course m’a réellement sauvée. Lorsque je me sentais très anxieuse et triste, je courais et ça me calmait. Aujourd’hui, je cours pour les mêmes raisons : me sentir bien et me connecter à moi-même et à la nature.

Avez-vous cherché du soutien additionnel auprès de professionnels en santé mentale, de votre famille ou de vos amis lorsque éprouviez des problèmes? Racontez-nous ce que vous avez vécu.

Leah : Lorsque j’étais à l’Université Simon Fraser, la clinique médicale m’a envoyée voir un psychiatre. Il a été le premier à me parler de l’abus dont j’avais été témoin et que j’avais subi. Je m’automutilais à l’époque, ce que je n’avais jamais raconté à personne. J’ai consulté sans frais ce psychiatre chaque semaine pendant longtemps. J’ai eu différents conseillers au fil des ans après mes études et ils m’ont tous aidée. Je ne savais pas comment prendre soin de moi. On m’a appris beaucoup de choses.

Aujourd’hui, en tant que conseillère clinicienne agréée, je consulte encore un professionnel lorsque les symptômes de stress post-traumatique se manifestent de nouveau. Dans l’ensemble, je me sens très bien et je suis vraiment à l’écoute de mon corps. Je sais quand j’ai besoin de prendre une journée pour moi ou de parler à un professionnel. Faire de l’exercice, bien dormir, avoir de bonnes habitudes alimentaires et entretenir des relations avec les gens, tout cela m’aide à me sentir en sécurité.

Quelle est la plus grande difficulté d’un athlète olympique?

Leah : Je dirais que le plus gros obstacle est d’ordre financier. Il est très difficile pour un athlète de haut niveau de subvenir à ses besoins. J’ai aussi douté de moi-même. Je n’étais pas sûre de réussir et je me disais que je devais peut-être songer à trouver un « vrai emploi ». Finalement, j’ai suivi mon cœur et cela m’a permis d’obtenir la quatrième place aux Jeux olympiques d’Atlanta! Je suis vraiment fière d’avoir persévéré, car ce fut un moment charnière dans ma vie.

Vous avez écrit un livre intitulé Not About the Medal. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qui vous a incitée à écrire ce livre et pourquoi vous avez décidé de raconter votre histoire?

Leah : Mon livre raconte comment j’ai survécu au trauma développemental et ma vie avec une mère alcoolique. Il explore aussi mon parcours pour mieux comprendre ce qu’est la dépendance. Beaucoup de gens, incluant ma mère, subissent des traumatismes qui les démolissent. Pour soulager leur souffrance émotionnelle, ils consomment des substances ou développent des dépendances comportementales. Ce livre est la façon que j’ai trouvée d’assumer mon enfance, l’alcoolisme de ma mère et mon parcours vers les Jeux olympiques.

Qu’est-ce qui vous a motivée à devenir conseillère scolaire et conseillère clinicienne agréée et comment aidez-vous les jeunes aujourd’hui?

Leah : Je voulais aider les gens à trouver leur chemin vers un mieux-être, et ma motivation est toujours la même. Je m’intéresse tout particulièrement aux adolescents puisque j’ai eu tellement de problèmes à cet âge-là. J’adore mon travail. C’est ma vocation et je suis engagée pleinement dans ce que j’étais appelée à faire. Je suis très heureuse et très reconnaissante. Nous avons tous une histoire. La mienne m’a amenée à vouloir aider les autres. De cette manière, je continue de m’aider moi-même.

Votre capacité à transformer les difficultés en sources d’inspiration est vraiment remarquable. Comment faites-vous pour conserver une attitude positive face à la vie?

Leah : Je trouve du plaisir dans les petites choses de la vie de tous les jours. Les difficultés auxquelles j’ai été confrontée pendant mon enfance et ma vie de jeune adulte m’ont apporté de la résilience pour trouver mon chemin. Je pratique la gratitude au quotidien et j’essaie de remarquer les petites choses. J’accepte de me sentir anxieuse ou triste certains jours, et ça me va comme ça. Je sais comment m’aider et j’en suis très reconnaissante.

Si vous deviez transmettre un message à une personne qui souffre de problèmes de santé mentale, que lui diriez-vous?

Leah : Parlez-en. Communiquez avec quelqu’un avec qui vous vous sentez en sécurité. Si vous n’arrivez pas encore à parler de ce que vous ressentez, cherchez tout simplement la compagnie d’une personne avec qui vous vous sentez en sécurité. Un jour, les mots viendront. On éprouve un réel soulagement lorsqu’on arrive à exprimer ce qu’on ressent ou à parler des problèmes avec lesquels on est aux prises. Ce qui est le plus thérapeutique dans la consultation psychologique, c’est de partager son expérience avec un autre être humain. Notre cerveau n’est qu’un de nos nombreux organes, et il n’y a pas de honte à avoir lorsqu’il ne fonctionne pas bien. Il faut découvrir comment l’aider à mieux fonctionner. Je crois aussi fermement dans les quatre piliers du mieux-être : l’exercice, le sommeil, une bonne alimentation et des liens.

Mais plus important encore, il faut se montrer ouvert et honnête par rapport à ce qu’on vit. Plus nous parlerons de la santé mentale, plus nous la normaliserons. Cela contribue donc à une plus grande ouverture pour aider les autres. Vous n’êtes pas seul. Nous sommes tous aux prises avec des difficultés à certains moments de notre vie. Certains le sont davantage et d’autres moins. Cela fait partie de la nature humaine.

 

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Leah Pells raconte son histoire en vue de la Journée Bell Cause pour la cause qui se tiendra le 31 janvier 2018. Joignez-vous à la conversation lors de la Journée Bell Cause pour la cause pour mettre fin aux préjugés et augmenter les sommes que Bell consacre à des initiatives en santé mentale.

Le 31 janvier, pour chaque message texte envoyé et chaque appel interurbain ou mobile effectué par les clients de Bell Canada, de Bell MTS et de Bell Aliant, chaque tweet utilisant le mot-clic #BellCause, chaque visionnement de la vidéo dans les médias sociaux et chaque utilisation du filtre Facebook ou Snapchat, Bell versera 5 cents de plus à des programmes canadiens de santé mentale.

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