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Discussion autour de la question du bien-être autochtone avec Randi Sager de l’organisme The Mustard Seed

Publié 19 June, 2020 dans Bell Cause pour la cause par 0
Randi Sager de l’organisme The Mustard Seed

La culture et la tradition jouent un rôle important dans la santé mentale et le bien-être des peuples autochtones. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, le 21 juin, nous nous sommes entretenus avec Randi Sager, conseillère autochtone de l’organisme The Mustard Seed de Calgary, qui est l’un des partenaires du Fonds communautaire Bell Cause pour la cause. Par l’entremise du programme de bien-être autochtone fourni par The Mustard Seed, « Culture as Good Medicine: Indigenous Wellness and Healing Through a Traditional Wellness Approach », Randi offre des services de gestion de cas délicats et de soutien culturellement adaptés à une clientèle autochtone aux prises avec des problèmes de pauvreté, d’itinérance, de dépendance et de maladie mentale, entre autres.

Randi, elle-même issue des tribus des Lakotas et des Cris, nous a parlé de l’importance de la culture comme forme de médecine, du rôle que la culture a joué dans son processus de guérison et de la façon dont toute la population du Canada peut célébrer la riche histoire autochtone du Canada.

Comment le programme de bien-être autochtone de The Mustard Seed intègre-t-il la culture dans ses traitements?

Nous donnons à notre clientèle l’occasion de vivre sa culture dans le cadre d’activités communautaires et de groupe, telles que la fabrication de jupes à rubans, de capteurs de rêves ou de percussions ainsi que le perlage. Notre cercle hebdomadaire de fabrication de capteurs de rêves est un cercle puissant. Comme tout le monde s’assoit et s’affaire à fabriquer son capteur de rêves, les conversations s’enchaînent et le processus thérapeutique commence. C’est un privilège de pouvoir assister à la guérison qui se produit dans ces cercles. Tous les membres s’entraident sans émettre de jugement et partagent mutuellement sagesse et enseignements. Chaque personne a une histoire puissante à raconter qui renferme une leçon pour n’importe qui, moi y compris.

De plus, nous avons travaillé avec d’autres organisations de Calgary, comme Creation Lodge, sur des événements tels que la série Bannock and a Movie. Ces activités permettent aux participants et aux membres de la communauté de s’imprégner des connaissances des aînés et des détenteurs de savoir sur l’histoire et la culture de notre peuple.

Pourquoi est-il si important d’offrir des traitements en santé mentale culturellement adaptés aux peuples autochtones?

Des recherches ont démontré que les populations autochtones n’utilisaient pas les services de santé mentale parce que la plupart de ces services n’emploient que des concepts de santé et de guérison non autochtones. Intégrer la culture dans le traitement renforce non seulement l’identité culturelle du client, mais cela l’aide aussi à faire des changements positifs dans sa vie. C’est essentiel pour de nombreux clients d’intégrer la culture dans leur traitement afin de permettre à la guérison de commencer. Nous offrons nos services au niveau individuel, mais nous travaillons également à l’échelle de la communauté. Les événements communautaires et les cercles de guérison et de partage constituent une étape fondamentale du processus de guérison. Nous apprenons et nous nous soutenons entre nous, ce qui nous aide à nous sentir appuyés et entourés.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir psychologue et conseillère autochtone?

J’ai toujours été fascinée par la psychologie, mais je ne savais pas quel type de psychologue je souhaitais devenir. Je n’ai pas grandi dans ma culture, mais plutôt dans celle de ma famille non autochtone. Je savais que j’étais autochtone, mais je ne savais pas ce que cela signifiait. Je participais à des pow-wow avec mon père, mais c’était tout ce que je connaissais de notre culture. En grandissant, je me suis toujours sentie différente, comme s’il manquait quelque chose à ma vie. J’étais incapable de surmonter adéquatement les traumatismes que j’avais vécus au cours de ma vie. Je les ai internalisés, et, en conséquence, j’ai développé un trouble de l’alimentation. J’ai vécu plus de 20 ans ainsi, sans reconnaître que j’avais un problème, jusqu’à la dernière année de mon baccalauréat en psychologie. Je savais que si je souhaitais devenir psychologue, je devais d’abord me livrer à un travail d’introspection. Cependant, cela signifiait que je devais faire face à mes propres conflits intérieurs. À cette étape de ma vie, je n’avais pas encore adopté ma culture autochtone. J’ai donc opté pour la seule solution qui me venait en tête : j’ai pris un rendez-vous avec mon médecin généraliste. Nous avons conclu que la thérapie serait une bonne option pour moi, mais cela n’a pas été une bonne expérience. Ce que j’ai vu et vécu ne m’a pas aidé du tout. Lorsque je m’exprimais, on me percevait comme étant réfractaire au traitement. Cela n’a pourtant jamais été mon intention. Je souhaitais aller mieux, mais les méthodes employées dans le cadre du traitement me semblaient inadéquates et je ne parvenais pas à savoir pourquoi.

C’est à ce moment que j’ai commencé à ressentir un fort attrait pour ma culture. Je ne pouvais plus ignorer cet appel et je suis entrée au Writing Symbols Lodge de l’Université de Calgary pour trouver du soutien. J’étais craintive d’y aller avant, car j’avais l’impression que je ne serais pas bien accueillie en raison de ma peau claire et de ma connaissance limitée de ma propre culture, mais j’y ai été littéralement accueillie à bras ouverts. C’est à cet endroit que j’ai rencontré madame Kerrie Moore qui m’a aidée à comprendre ma relation avec mon trouble alimentaire. Après seulement trois séances avec elle, je n’avais plus de comportements nuisibles. J’ai été éblouie de constater à quel point cette collaboration fonctionnait bien dans ma situation et je me suis demandé pourquoi l’intégration de la culture dans le traitement n’était pas une option pour les clients autochtones. À ce moment, j’ai su que j’allais devenir une psychologue pour les populations autochtones. Je souhaitais offrir aux clients la possibilité d’intégrer la culture dans le traitement.

Comment la crise de la COVID-19 a-t-elle affecté la manière dont le programme de bien-être autochtone de l’organisme The Mustard Seed soutient ses clients?

Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, nous nous sommes adaptés au monde virtuel et avons été en mesure d’organiser des rencontres, des cérémonies et des cours de perlage en ligne. Malgré certaines difficultés, ces nouvelles approches ont été bien reçues. De plus, la communauté s’est rassemblée afin de travailler en collaboration pendant cette crise dans le but d’aider à mieux servir nos clients autochtones.

Comment encourageriez-vous tous les Canadiens à célébrer la Journée nationale des peuples autochtones et à se renseigner davantage sur les pratiques traditionnelles autochtones en matière de bien-être?

Soyez un allié; épaulez-nous alors que nous célébrons la Journée nationale des peuples autochtones. Participez aux événements en ligne qui se déroulent dans votre région et renseignez-vous sur la culture autochtone. Pour de plus amples renseignements sur cette journée, veuillez consulter le site Web du gouvernement du Canada. Il est important de connaître l’histoire des peuples autochtones, surtout celle des pensionnats, des externats et de la rafle des années 60. Vous pouvez également communiquer avec le centre d’amitié ou le centre pour Autochtones de votre région afin de vous renseigner sur les cérémonies et les ressources locales.


Pour en apprendre davantage sur les projets en santé mentale autochtone que Bell Cause pour la cause a appuyés, visitez notre site Web. Vous pouvez lire comment l’équipe Bell célèbre la Journée nationale des peuples autochtones dans cette entrevue avec quatre membres autochtones de notre équipe.


La Journée nationale des peuples autochtones, le 21 juin 2020, est une journée pendant laquelle tous les Canadiens peuvent approfondir leurs connaissances de l’histoire autochtone et célébrer les diverses cultures et réalisations de ces peuples.

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